COMPOSTAGE DE SURFACE / "EN PLACE"

Dans ce cas les matières à composter sont étalées directement à la surface du sol.

Les déchets ne sont plus discernables au bout de quelques semaines à plusieurs mois. Evidemment plus ils ont été fractionnés en petits morceaux, plus leur décomposition est rapide.

Avantages

  • C’est le plus reposant de tous les types de compostages ! En effet, il n’est pas nécessaire de brasser les déchets, récupérer le compost, l'épandre… qui sont justement les opérations jugées les plus "physiques" et chronophages par la majorité de nos référents-composteurs !

    Ce qu'en dit notre référent-composteur :

    "Je vais tous les 2 jours au jardin pour vider les déchets de cuisine de mon bio-seau au pied de mes plantations. Et c'est tout !"

  • Ça a les avantages du paillage, à savoir la protection de l'environnement et la minimisation du travail du jardin (vous trouverez plus de détails ici)

    Ce qu'en dit notre référent-composteur :

    "Depuis 2 ans que je pratique le compostage de surface, je constate que ma terre s'améliore : elle est plus meuble, plus foncée et remplie de vers de terre. Elle est moins dure à travailler."

Inconvénients

  • C’est déroutant, au moins au début, et pas seulement pour un problème d'esthétique ! En effet c'est le principe même de jeter ses déchets dans son jardin qui dérange. Préparez-vous à subir les doutes, incompréhensions et moqueries de certains membres de votre entourage.
  • Ça a les inconvénients du paillage et en particulier la prolifération éventuelle d'animaux comme les insectes, limaces ou rongeurs (vous trouverez plus de détails ici)

    Ce qu'en dit notre référent-composteur :

    "Depuis que je pratique le compostage de surface, j'ai constaté dans mon jardin une présence accrue de mouchettes (quand il fait particulièrement ensoleillé et chaud) et de cousins (à l'état de larves dans la terre et ensuite d'adultes dans l'air). Et cette année, j'ai eu plusieurs attaques de chenilles et tenthrèdes."

Mise en oeuvre : méthode, conseils, trucs et astuces

Equipement

Le compostage de surface

N'hésitez pas à constituer une réserve de matières carbonées. En effet ces dernières ne sont pas toujours disponibles dans l'année et lorsqu'elles le sont, c'est souvent en quantité (trop) importante. Avec cette réserve, vous pourrez en disposer toute l'année et, en les intégrant au fur-et-à-mesure avec les déchets ménagers ou du jardin riches en azote, garder des apports équilibrés. N'hésitez pas à recycler ainsi les feuilles mortes d'automne, les résidus secs de taille...

Lieu

Etalez les déchets à un endroit, "ni trop près ni trop loin" de votre lieu de vie, qui soit :

  • caché des regards (des vôtres et de ceux de vos voisins !) car le compostage de surface n'est pas esthétique
  • ombragé et à l'abri du vent au moins partiellement, pour éviter le dessèchement
  • assez loin pour ne pas être gêné par d'éventuelles nuisances (odeurs, animaux...)
  • assez près et facile d'accès pour pouvoir y aller sans problème régulièrement en hiver (...)

Astuce : épandez les déchets à la base de vos massifs de végétaux déjà développés. En effet c'est un endroit où le regard ne s'aventure pas (et ce, d'autant plus si ces végétaux ont un feuillage abondant !). Si les déchets sont néanmoins visibles, n'hésitez pas à les fragmenter : cela améliorera le rendu esthétique.

Période

  • les saisons propices au compostage de surface sont l'automne et la fin de printemps. En effet, l'environnement est généralement chaud et humide : les conditions sont donc favorables d'une part d'un point de vue "compostage" et d'autre part d'un point de vue "paillage".
    Lorsque le sol est gelé, il est déconseillé de mettre en place le compostage de surface. En effet sinon le paillage ainsi constitué, qui isole dans les deux sens, va garder le froid dans le sol !
  • vis-à-vis des cultures, il est intéressant de composter en surface entre 2 cultures surtout si des plantes "gourmandes" (concombre, courgette, potiron, potimarron, aubergine, pomme de terre, tomate, chou, poireau...) sont impliquées

Astuce : comme indiqué ici, n'hésitez pas, à l'automne, à composter en surface de votre potager. Ainsi, au printemps, ce-dernier sera prêt pour les cultures !

Conseil : en fin d'hiver, début de printemps (février-avril), lorsque les gelées sont finies, arrêtez de composter en surface et même retirez le compost restant : cela permettra notamment de limiter la prolifération de nuisibles, pour qui le paillis constitué par le compost "en place", à cette période, est un gîte confortable.

Bas

Les déchets doivent être déposés en surface,

  • sur le sol du jardin (et non sur une surface bétonnée par exemple) pour faciliter la colonisation par les organismes du compost
  • sur une terre idéalement préparée (désherbée, binée, affinée, nivelée et arrosée si elle est sèche) pour optimiser l'impact du paillage que constitue le compost "en place" (vous trouverez plus de détails ici)
  • sur la terre nue ou au pied de plantations "non sensibles" comme des plantations avancées, adultes et même "gourmandes"... En effet ces déchets peuvent contenir certaines substances risquant d’inhiber la germination, d'agresser les jeunes racines...
  • en laissant le collet/tronc des plantations dégagé sur plusieurs centimètres : cela aidera à préserver les plantations sensibles de problèmes dus par exemple à une humidité excessive, comme la pourriture, ou à un dégagement de chaleur.

Conseil : binez, sur plusieurs centimètres de profondeur, la terre au début du printemps pour déterrer et exposer au froid et aux insectivores d'éventuelles larves (tenthrèdes...) présentes dans le sol. Insistez particulièrement au pied des plantations qui ont été attaquées. Si ces attaques se répètent, binez également en automne et en hiver.

Haut

Couvrez les déchets avec un paillis de matériaux carbonés (marc de café et filtre biodégradable non blanchi, feuilles mortes...) pour conserver un bon taux d'humidité. Cela peut également améliorer l'aspect visuel.

Aération

Etalez une couche de déchets d'épaisseur maximum 5 cm de façon "aérée" donc sans tasser et en laissant des interstices. Utilisez également dans le compost des matériaux grossiers qui gardent une certaine granulométrie.

Humidité

En cas de :

  • compost trop sec : arrosez les déchets. Vous pouvez également apporter davantage de matériaux azotés (riches en eau) : épluchures, tontes de gazon...
  • compost trop humide : aérez les déchets. Vous pouvez également apporter davantage de matériaux carbonés secs pour absorber l'eau en excès : feuilles mortes...

En cas d'absence

Voici ce que dit notre référent-composteur : "Pendant mes absences, je ne fais rien de spécial !"

Remarque : les propos tenus n'engagent que leurs auteurs


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